Partager l'article ! DUEL DE PLUME N°3 : DIALOGUE DE L'IMPOSSIBLE.:   ...

-"Diantre, fichtre, mais que voulez-vous que je fis de cet arsenal mécanique, pour écrire à ma fille ?"
-"Madame, je puis vous assurer, cette machine, a un avenir extraordinaire !
Elle est capable de tout garder en mémoire, sur ce qu'on appelle : un disque dur.
Madame imaginez-vous le gain de temps, pour écrire toute votre correspondance ? Vous pourriez à loisir, relire les douces missives envoyées à votre chère fille ! Toutes ses lettres, y seront répertoriées !"
-"Elles sommeillent toutes là, au plus profond de mon cœur,
Monsieur, les douces paroles envoyées à ma fille !
Je n'ai nul besoin, de votre machine, fût-elle extraordinaire, elle me paraît tellement
impersonnelle, sans amour, sans intimité, sans cœur !
Vous ne pouvez imaginer, cher Monsieur, mon immense plaisir
à saisir la plume, la tremper délicatement dans l'encrier, la frotter doucement sur le rebord, pour en ôter le trop plein d'encre, et m'appliquer dans le tracé délicat d'une belle enluminure,
au début d'une phrase.
Dessiner inlassablement les courbes des pleins et des déliés, écouter le crissement de la
plume docile, sur le doux papier, cependant que les belles arabesques s'alignent sur le vélin, et que mon cœur s'emplit de l'amour de ma fille !
En ces chaleureux écrits, il me plaît à penser, que c'est tout mon amour que je lui transmets, et qu'elle reçoit !
Contrairement à votre machine, qui est d'une froideur sans pareille, Monsieur !
-"Madame, comment puis-je vous convaincre de l'immense utilité de cette machine
révolutionnaire, appelée : un ordinateur ?
Vos lettres pourront être publiées dans le monde entier !"
-"Monsieur, je vous l'interdis !
Votre perfidie n'a d'égale que votre indécence, je vous hais !
Je vous hais, Monsieur, d'oser me soudoyer de la sorte !
Je ne veux pousser plus loin ce chapitre, je vous prie de bien vouloir prendre congé !
Je vous abandonne à votre machine sans cœur, et vous prie de me laisser à ma douce plume
!"
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